Quand deux âmes se battent pour parvenir là ou la fin va les emmener, il se verront affubler du rire cynique, celui de l'être sombre... Cet être qui aime manipuler les autres, qui aime les voir souffrir... Je suis cette entité capable de tuer par simple envie, pour tout simplement oublier qu'un jour, sa vie s'est vu détruite, d'un simple regard ou pas, d'une simple réflexion ou pas...
Même si par orgueil je me montre forte, je n'en mène pas large, ce n'est pas la vérité, il y a des failles en moi, des failles si profondes qu'un simple sourire peut m'y précipiter... La rage m'étouffe quand je les vois, j'ai envie de les haïr et pourtant je ne peux pas, seul lui mérite ce sentiment, ce sentiment si puissant, si trouble... Ils n'arrivent plus à m'indifférer, dans mon coeur, je les vois ce bousculer pour tenter de le briser plus qu'il ne l'est déjà... Il se fend encore plus, je ressent cette douleur comme souvent...
Je ne la contrôle plus, je ne contrôle plus rien, pas même toi...
Toi, moi, nous, plus il y a moi, moins il y a nous...
Ce nous si subtil, si dur à évoquer, maintenant je n'y crois plus, je ne crois plus en rien d'ailleurs... Si je regardais rien qu'une seule fois le vide, je m'y jetterai, pour eux, pour nous...
Car sans moi, ils peuvent être, et toi avec ce que tu as de moi, tu recréeras le nous que l'on formait il y a un certain temps...
L'ombre se bat à mes côtés luttant contre cette fatalité qui me rattrape, ce n'est plus une fiction, maintenant c'est la vérité: celle qui suis ce que je suis depuis si longtemps... Je ne me relèverai plus maintenant, je n'en ai plus la force...
Comme si tout ce finissait avant le commencement d'un début...
Toi, bats-toi pour nous, contre eux, moi je meurs pour toi, je me meurs pour ce en quoi je croyais, je me meurs car je ne veux plus essayer de croire en ce que le monde peut offrir... J'écris sans vraiment vouloir comprendre, je ne veux plus essayer, la vie me tue jour après jour...
Seconde après seconde, le mal déjà si grand, germe entraînant la soit-disant pureté de l'adolescence... Je n'arrive pas à y croire, j'écris pour rien... pour seulement exprimer ma déception, pour parler de cette souffrance qui brûle en moi...
Cette passion de vivre qui m'entraîne inexorablement vers la fin la plus proche...
Ce qui m'aiderai c'est nous, toi et moi ne faisions qu'une quand le monde nous acceptait... Toi et moi ne vivions que l'une pour l'autre avant mais maintenant c'est fini, je ne vis plus moi, et toi, tu vis sans-doute pour continuer à explorer de plus en plus les méandres de ton âme...
Aujourd'hui 4 avril, il n'y a que moi, le nous a volé en éclat... Par ta faute, par le mienne... Même si tu ne sais pas pourquoi... Tu es la cause, je suis la cause... Tu aurais du deviner, car tu disais me connaitre... Mais tu n'as pas compris... Alors je te laisse... Je ne t'en veux pas... Je m'en veux à moi, je t'avais dit, Je vis pour notre amour et je meurs pour la haine...
Je contemple le ciel, si clair, si vide... Mais je ne vois rien, ton visage me hante... Il ne disparait pas...
Nous avons disparue, il ne reste plus que toi... Je suis fini, de chaque côté, le même chemin se profile dans l'horizon...
Les larmes coulent silencieusement, mes doigts s'entremêlent avec ta chaine... Mais pas avec toi...
Je regarde l'abîme dans lequel je sombre, mon coeur ne chante que pour toi, mais pourquoi, il ne comprend pas que ça me tue de t'aimer à en mourir, pourquoi il n'écoute pas la raison, pourquoi veut-il encore de toi, alors que c'est toi qui le fait saigner...
Je m'effondre, un couteau dans la main, si ces âmes n'étaient pas là, je me l'aurai planté, faute de ne pouvoir faire autrement...
Je ne comprends pas...
Pourquoi avons-nous disparu ?
Pourquoi nous sommes-nous entretuées ?
Plutôt, pourquoi m'as-tu tuée ?
Rien devant moi, rien derrière moi...
Une larme qui glisse sur ma joue, finissant sa course sur ma main qui écrit ses mots...
Je comprends alors...
Je me relève, me dirige vers se vide si tentant et m'y accoue... J'attendrai la fatalité comme il se doit, dans la tristesse et le désespoir... Il n'y a que ça comme choix devant moi, enfin je crois... Le sang dévale mon corps si vite, je ne sens pas le froid me gagner... Je ne sens plus rien, tu étais la seule à pouvoir me sauver, sauf que tu n'es plus là... Je me rends compte de la solitude qui pèse alors sur moi...
Tout est fini... Je le sens... Et de toute façon, je n'ai pas envie de survivre à tout ça... Non, je ne veux pas, je ne vois que ton visage... Non s'il vous plait...
J'agonise...

